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Un documentaire va révéler une ville Maya sous-marine et un contact extraterrestre

Source :  http://www.tvqc.com/2012/02/un-documentaire-va-reveler-une-ville-maya-sous-marine-et-un-contact-extraterrestre/

Autor: Jean-François Cloutier
Date: Dimanche, 5 février, 2012
Une ville sous-marine Maya, une piste d’atterrissage millénaire autrefois utilisé pour les véhicules spatiaux et le contact humain avec les extraterrestres.

Ceux-ci peuvent sembler les ingrédients d’une superproduction hollywoodienne, mais ils sont en fait les prétendues découvertes derrière le documentaire Revelations of the Mayans 2012 and Beyond. Raul Julia-Levy, un producteur habitant à Los Angeles, le fils de l’acteur Raul Julia, décrit le film comme un documentaire qui changera le monde.

« C’est la plus grande découverte archéologique dans l’histoire de l’humanité », dit-il. « Il va ouvrir les yeux de l’humanité et élever la conscience de chaque être humain sur la planète. Je vous le garantis. »

Revelations of the Mayans 2012 and Beyond (Révélations des Mayas 2012 et au-délà) devrait entrer en production le mois prochain dans les jungles profondes de l’état mexicain de Campeche, aux ruines maya de Calakmul. Julia-Levy, qui va produire le film aux côtés de Ed Elbert (Paraiso Travel), dit que la mère de tous les secrets sera révélée sur le site archéologique de Calakmul, mais il a refusé de préciser ce que pourraient signifier les découvertes susmentionnées.

La ville sous-marine Maya, que Julia-Levy décrit comme « une ville qui a été construite sous l’eau, et non pas une cité engloutie », a été trouvée au bas d’un lac au Guatemala, selon le producteur. Il dit que le public va voir des photos sous-marines de la ville.

En outre, l’acteur devenu producteur affirme que le documentaire dévoilera également une piste d’atterrissage vieille de 3000 ans qui aurait été construite au sommet d’une structure rocheuse capable de contenir de l’énergie électromagnétique.

Julia-Levy ne divulguera pas la société de production et de distribution dernière documentaire en 3D, cependant, il dit qu’ils sont de «grands» joueurs hollywoodiens. Une annonce officielle du projet est attendue dans les semaines à venir et une date de sortie provisoire a été fixée pour août.

Une collaboration entre archéologues, scientifiques et les gouvernements du Mexique et du Guatemala, Revelations of the Mayans 2012 and Beyond est le fruit d’une décennie de recherche qui dévoilera des informations classifiées. Initialement, le documentariste mexicain Juan Carlos Rulfo (Those who Remain) était au projet, mais il a récemment quitté l’entreprise en raison de conflits d’horaire avec ses autres films. Les producteurs n’ont pas encore annoncé son remplaçant.

Le documentaire arrive à un moment où la péninsule du Yucatan a connu une vague de production sur les Mayas. Certains décrivent des scénarios apocalyptiques liés à des prophéties alléguées qui s’articulent autour de la fin du calendrier Maya.

 Les experts ont rejeté de telles notions. Ils font remarquer que le 21 décembre 2012, la date exacte à laquelle le cycle calendaire de 5,126 années tire à sa fin n’annonce en aucune façon l’Armageddon. En fait, ils font valoir que la réinitialisation du calendrier vient avec chaque nouveau cycle. Mais cela n’a pas empêché les producteurs de télévision de nombreux pays de se concentrer sur l’aspect apocalyptique.

Ces dernières années, les équipes de télévision en provenance du Mexique et du monde entier ont afflué sur le territoire Maya pour explorer la question de première main. Nat Geo, Discovery Channel et History sont quelques-unes des sociétés de production qui ont filmé dans la région.

Même le gouvernement mexicain saisit l’opportunité de faire une forte promotion du tourisme avec un programme culturel ambitieux baptisé « Mundo Maya ».

«C’est l’explosion dans toutes les directions», explique René Blanco, directeur de la compagnie de production établie à Cancun, Riviera Maya Films. « Ça va être une année énorme, car tout le monde travaille pour exploiter la théorie de la fin du monde. »

Quoi qu’il en soit, Julia-Levy insiste sur le fait que son film ne fait rien du genre. Il l’appelle un documentaire historique qui montre un profond respect pour la culture maya. « Le problème avec la plupart des productions qui sont liées au thème de Maya, c’est qu’ils sont faits de manière erronée et irresponsable », dit-il. « Ce documentaire va secouer le monde », il conclut.

Source: THR, TheWrap

Le Mythe de la ville d’Ys – L’Atlantide Bretonne

Source Wikipédia

La fuite du roi Gradlon. Saint Guénolé demande à Gradlon d'abandonner sa fille, Évariste-Vital Luminais, vers 1884 (Musée des Beaux-Arts de Quimper).

Ys (ou Is), parfois appelée « Ker Ys » (« Kêr-Is » en breton, de « Kêr Izel », »Ville basse »), est une ville légendaire de Bretagne, qui est censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez ou au large de celle-ci, puis engloutie par l’Océan.

Origines et mythe de la ville d’Ys

Ys est une sorte d’Atlantide bretonne. L’histoire dit qu’elle fut engloutie pour punir Dahu de ses péchés.(dans la version la plus ancienne de Pierre le Baud de 1495, Dahud n’apparaît pas. Elle apparaît en 1636 avec Albert le Grand dans « vie des saints de Bretagne Armorique »). Le premier récit réellement complet (à partir duquel tous les récits actuels sont écrits) est dû à Charles Guyot et date de 1926.

Il est très marqué par l’image de la femme au XIXe siècle. La légende de la ville d’Ys n’a pas été fixée. Il n’y a pas d’histoire originelle, les versions les plus anciennes datant d’après la christianisation de la Bretagne. Il n’y a que des variations plus ou moins bonnes autour d’un thème, lui-même peu stable. Globalement elle se rattache à deux groupes de mythes celui des villes englouties et celui des déesses du Nord particulièrement irlandaises et galloises, ancien culte de la Déesse-mère.

Aujourd’hui, il existe une grande quantité de versions, plus ou moins éloignées du mythe. Selon Christian-Joseph Guyonvarc’h (mythographe et linguiste, spécialiste de l’histoire celte) :  » « Nous n’avons jamais assisté à une telle catastrophe légendaire, à la limite de l’escroquerie: on a littéralement fabriqué, aux dépens de Dahud (et de la vérité) un véritable conte pour touristes à qui on se garde bien d’apprendre qu’il ne date que du premier quart du XXe siècle. »

Reconstitution de la légende païenne

Il n’existe aucune trace du mythe originel. Ce n’est qu’en lisant entre les lignes de l’histoire chrétienne qu’on peut, peut-être, reconstruire, a posteriori, un mythe « ancien ». Les celtes n’avaient pas de culture écrite.Mais, une chose est certaine: le fond et l’origine du mythe reposent sur le fait qu’Ys est victime de la colère de Dieu. La version suivante est une invention contemporaine plutôt maladroite essayant de sauvegarder la « gentillesse » de Corentin et Guénolé.:

« À l’origine, Gradlon vivait en Is avec sa fille Ahès (Dahut). Is était une ville immense et cosmopolite, où Gradlon faisait respecter le principe d’égalité. Les citoyens étaient très riches, tout comme la ville, et des gens et des cultes très diffèrents y étaient présents. Un jour les moines Corentin et Guénolé arrivent en Is. Ils veulent s’y établir et construire une église. Gradlon et Ahès refusent que l’église soit construite en ville mais acceptent qu’elle soit faite à l’extérieur (pour respecter les croyances de chacun, les lieux de culte ne peuvent être construits dans la ville). Les moines très compréhensifs acceptent. Au fur et à mesure du temps, ils deviennent proches du roi et sont heureux de vivre dans cet endroit merveilleux. Ahès, très liée à la Déesse de la terre (le nom Ahès aurait donné leur nom aux monts d’Arrée), lui rend souvent hommage en quittant le ville pour se promener dans les bois. Mais un jour des émissaires de l’Eglise catholique romaine arrivent, menaçant Gradlon d’attaquer la ville s’il n’y fait pas construire une église (l’église catholique s’étant alliée à Rome pour étendre et renforcer leurs pouvoirs mutuels). Tous sont choqués, et malgré-eux Guénolé et Corentin doivent quitter Is pour suivre les émissaires jusqu’à Rome, afin de s’entretenir avec le Pape de la future église. Les deux moines sont très réticents, car ils savent que cela détruira Is et son équilibre. À leur retour, ils sont dépités : ou Gradlon obéit, ou Is sera rasée par Rome. Ahès, révoltée, fuit la ville, se rend dans les monts d’Arrée et demande l’aide du dieuCernunnos (on peut supposer que c’est lui à cause de sa description, l’église en a plus tard fait le diable en assimilant ses cornes de cerf à celles du diable). Cernunnos dit alors à Ahès de rentrer à Is, et que la nuit venue il sauvera la ville. Pendant la nuit la ville est submergée par les flots et s’enfonce au fond de la mer. Seuls restent Gradlon et les deux moines, qui étaient en-dehors de la ville. Attristé par la perte de sa ville et surtout de sa fille, Gradlon décide de quitter les lieux, et de ne rien reconstruire sur les lieux.

Les compères se dirigent alors vers le sud et fondent Quimper, où Gradlon finira sa vie et où les deux moines construisent une église.

Is, quant à elle, est toujours en vie sous les flots, les citoyens étant restés immortels. On raconte qu’un jour, celui qui verra la ville sous les eaux et s’y rendra permettra de lever la protection de Cernunnos, et que la ville resurgira, plus radieuse que jamais, et que ce jour les héros des Bretagnes reviendront tous de l’Autre Monde (le royaume celte des morts).
Dans la version de Charles Guyot de 1926. Dahud va demander de l’aide pour construire une digue de protection autour d’Ys aux 9 vierges de l’ïle de Sein. Que Dahud-Ahès s’adresse à des divinités féminines semble plus juste dans un monde celte où l’idée d’une déesse-mère créatrice et protectrice est plus vraisemblable. »

 

La rencontre de Gradlon et Malgven

La rencontre de Gradlon et Malgven est un ajout de Ch. Guyot (1926). Cet ajout rattache profondément l’histoire aux mythologies nordiques en inventant une ascendance « féerique » à Dahud.

Le roi Gradlon de Cornouaille possédait de nombreux navires qu’il utilisait pour faire la guerre aux lointains pays du Nord. Stratège hors pair, il gagnait la plupart des batailles et pillait les vaincus, amassant les richesses ainsi obtenues.

Néanmoins, fatigués de tous ces combats, les marins de Gradlon refusèrent bientôt de poursuivre le siège d’une forteresse inconnue. Gradlon les laissa repartir en Cornouaille tandis qu’il choisissait de demeurer dans les contrées septentrionales.

Désormais seul, le souverain rencontra une femme à la chevelure rousse, qui n’était autre que Malgven, la reine du Nord. Celle-ci se tint devant lui et lui dit : « Je te connais, tu es courageux et adroit au combat mais c’est moi que tu combattais et tu ne pourras pas me vaincre. Mon mari est lâche et ne se préoccupe que de séduire les servantes, son épée est rouillée. Délivre-moi de lui et je serai ta femme. Toi et moi allons le tuer. Ensuite, tu m’emmèneras dans ton pays de Cornouaille. » (Malgven sous-entend que son époux ne s’est pas servi de son épée depuis des années, le fait que cette épée soit rouillée signifiant qu’elle n’a pas servi pendant longtemps, et qu’il ne sait plus se battre; en fait, elle sous-entend plus prosaïquement que son époux n’a plus sa virilité d’antan et qu’il est devenu faible).

Certaines versions de la légende précisent que le-dit mari était également un ivrogne qui ne pensait qu’à son vin. Dès lors, selon une variante racontant que les soldats de Gradlon ne se sont mutinés qu’après plusieurs mois de siège, le roi du Nord ne se serait, à aucun moment, aperçu que sa ville était attaquée, alors que le siège durait depuis l’été et se prolongea les premiers jours de l’automne.

Ils tuèrent donc le roi du Nord et enfourchèrent Morvarc’h (« cheval de mer » en breton), la monture magique de Malgven. L’animal était noir, crachait du feu par ses naseaux et était capable de galoper sur la mer1. Ils rattrapèrent les navires de Gradlon mais leur navire fut séparé du reste de la flotte en raison, selon la variante, de l’élan de Morvarc’h ou d’une tempête.

Le voyage de retour et la naissance de Dahut

Gradlon et Malgven restèrent longtemps en mer (un an), si bien que Malgven donna naissance à une fille, Dahut (aussi appelée parfois Ahès).

Selon certaines versions de l’histoire, la reine en mourut en relevailles.

Mais, selon d’autre versions, Malgven survécut à l’accouchement. Quelque temps après, elle demanda à Gradlon ce qu’il pensait de leur fille. Le roi répondit : « Je la chéris déjà comme je te chéris ». Malgven lui annonça alors que le visage de Dahut garderait l’apparence du sien pour qu’il ne l’oublie pas quand elle ne serait plus auprès de lui. Il était en effet temps pour la reine de s’en retourner dans son monde. Elle ajouta que le navire croiserait bientôt une île où il lui faudrait descendre. Dans le cas contraire, jamais le vaisseau ne pourrait rejoindre sa terre natale. Peu après, comme Malgven l’avait dit, on aperçut une île où la reine se rendit, seule.

Dans une version Malgven ne disparaît pas en mer mais accompagne Gradlon en Cornouaille. Elle sera la première victime des « miracles » de Guénolé. (Françoise Gange)

Ys

La légende s’est construite et se construit encore au gré des imaginations. C’est ce qui la rend si vivante. Cette élaboration progressive de l’histoire est très bien étudiée par Louis Ogès. Il montre comment chaque auteur se l’est appropriée pour son propre compte au fil des siècles. Il montre aussi combien la « tradition populaire » est presque toujours invoquée pour donner du poids ou justifier des créations littéraires personnelles.

Origines

D’après une version de l’histoire, Dahut était passionnée par la mer et demanda à son père de lui bâtir une cité marine. Il fut fait selon son désir : la ville souhaitée fut construite sur le fond de la baie de Douarnenez et on l’appela « Ys ». Dahut voulait qu’on y vive selon les coutumes de l’ancien temps. Elle voulait une ville sans église.

Une autre variante rapporte que la Bretagne, s’enfonçant très lentement dans la mer, la ville d’Ys aurait été fondée plus de 2000 ans avant Gradlon, à un endroit qui se trouve au large de l’actuelle baie de Douarnenez. À l’époque, ce lieu était émergé jusqu’à ce que, au début du règne de Gradlon, la ville se trouvât sous le niveau de la mer à marée haute, suite à l’enfoncement progressif de la Bretagne. En conséquence, une très haute digue fut élevée par les korrigans afin d’empêcher l’eau d’engloutir la ville. Seule une porte de bronze, permettait d’entrer ou de sortir de la ville. Dahut en confia la clef à son père, le roi.

Chute

Ys était florissante et heureuse. C’était la plus belle et la plus impressionnante ville du monde2. Cependant, en dépit des sermons de Saint Guénolé, Ys devint la ville du péché (les pratiques cultuelles d’avant le catholicisme étant considérées comme « péchés ») sous l’influence de Dahut (aussi appelée Ahès) qui y organisait des orgies (comprendre: des fêtes non chrétiennes). Elle avait soi-disant l’habitude de faire tuer ses amants le matin venu (une broderie littéraire typique du XIXè siècle). Son comportement était tel que Dieu décida de la punir.

Un jour, un chevalier vêtu de rouge arriva à Ys. Dahut lui demanda de se rendre auprès d’elle et, un soir, il accepta. La même nuit, une tempête éclata et on entendait les vagues frapper avec violence la porte de bronze et les murailles de la ville. Entendant ce vacarme, Dahut dit au chevalier : « Que la tempête rugisse, les portes de la ville sont solides et c’est le Roi Gradlon, mon père, qui en possède l’unique clef, attachée à son cou ». Ce à quoi le chevalier répondit : « Ton père le Roi dort, si tu me veux, tu dois maintenant t’emparer de cette clef. » Dahut reprit alors la clef à son père et la donna au chevalier, qui n’était autre queSatan. Dès qu’il fut en possession de la clé, le diable ouvrit la porte de la ville, la condamnant à disparaître. Une autre version de l’histoire prétend que ce fut Dahut elle-même qui accomplit ce geste.

La porte ayant été ouverte en pleine tempête et à marée haute, une vague de la taille d’une montagne s’abattit sur Ys. Pour échapper au désastre, le roi Gradlon et sa fille montèrent sur Morvarc’h, le cheval magique. Mais Saint Guénolé accourut auprès d’eux et dit à Gradlon : « Repousse le démon assis derrière toi ! » Gradlon refusa et Guénolé précipita Dahut dans la mer (quelques variantes disent que Gradlon obéit et le fit lui-même. Etant donné l’amour de Gradlon pour sa fille, c’est peu vraisemblable). L’eau l’engloutit et elle devint Marie Morgane, une sirène. Une version précise que cette sirène avait une apparence parfaitement humaine et n’avait donc pas le corps chimérique que l’on attribue aujourd’hui aux sirènes.

Gradlon se réfugia à Quimper, qui fut sa nouvelle capitale. Une statue équestre du roi fut faite et elle est toujours aujourd’hui entre les flèches de la cathédrale Saint Corentin à Quimper. On dit que les cloches des églises d’Ys peuvent encore être entendues en mer par temps calme.

On dit aussi qu’après l’engloutissement, à l’emplacement de ce qui était devenu la nouvelle rive de la baie des Trépassés, naquit un nouveau village que l’on nomma Douarnenez, du breton Douar nevez, « nouvelle terre ». Cependant, l’étymologie la plus vraisemblable pour Douarnenez est Tutouarn-enez, « île de Tutouarn ». Une autre origine souvent avancée est Douar an Enez, « la terre de l’île », en référence à l’Île Tristan3. Quant à Douar Nevez, c’est le nom breton de Terre-Neuve.

Une légende raconte que, lorsque Paris sera engloutie, la ville d’Ys resurgira des profondeurs :  » Pa vo beuzet Paris, Ec’h adsavo Ker Is  » (Par Is signifiant en breton « pareille à Ys »).

Interprétations

On retrouve des récits semblables dans trois grands rameaux de la civilisation celte (les bretons, les gallois et les irlandais). Les légendes se fondant généralement sur une histoire vraie (comme la guerre de Troie, par exemple), il est probable qu’une telle catastrophe ait eu lieu lorsque les Bretons, les Gallois et les Irlandais ne formaient qu’un seul et même peuple.

La Trinité sur Mer, en bas de la hauteur de Crah en pays de Kaer, pouvait contenir les nombreux navires de Gradlon comme les 220 navires vénètes engloutis par César. Il y a là le village de Kerisper. Ker Is Perzh c’est l’Autorité (portuaire) d’en bas, derrière un goulet évoquant une digue ouverte. Le nom de Douar nenez est par ailleurs à rapprocher de Douar gwened, le pays vénète.

L’écrivain Iman Wilkens affirme, dans son livre Où jadis était Troie, que la guerre de Troie et les autres événements des poèmes épiques de l’Iliade et de l’Odyssée d’Homère auraient eu lieu dans l’Océan Atlantiqueet la mer du Nord. Il affirme que la ville d’Ismara, pillée par les hommes d’Ulysse après avoir quitté Troie, serait, en fait, la ville Ys. Cette thèse n’a pas attiré l’attention des grands savants.

Selon certaines variantes de la légende, la Bretagne s’enfoncerait lentement dans la mer. Ce détail évoque un réchauffement climatique car un tel phénomène a pour conséquence une montée du niveau des mers. Un phénomène qui aurait très bien pu être constaté au début du Moyen Âge, voire dès la fin de l’Antiquité, puisque, d’après certaines sources, le climat aurait été particulièrement chaud au Moyen Âge.

D’après Grégoire de Tours, le roi Childebert Ier portait lui aussi une clef en or autour du cou4.

Place d’Ys dans la tradition

Depuis son engloutissement par la mer, la ville d’Ys occupe un rôle central dans les légendes bretonnes. On dit qu’Ys renaîtra le jour où une messe y sera célébrée. D’autres légendes mettent en scène la ville engloutie, telle celle où Sainte-Marie du Ménez-Hom ouvre tous les cent ans les flots pour contempler la ville. Également, dans son livre la Légende de la Mort (recueil de récits et croyances sur la mort), Anatole Le Braz consacre un chapitre à la ville d’Ys.

Is et Paris

Une légende disait aussi que les Francs, cherchant un nouveau nom pour leur capitale, l’appelèrent Par-Is (Pareille à Is) pour montrer leur désir d’égaler voire de surpasser la splendeur d’Ys.

En réalité Paris doit son nom à la tribu gauloise des Parisii, ces derniers ayant pour capitale Lutetia Parisiorum, qu’on nomme actuellement « Lutèce » et qui est l’ancêtre de Paris.

Une autre interprétation possible est que la ville appelée Paris dans la légende ne désignait pas forcément dès l’origine la ville que nous connaissons aujourd’hui sous ce nom mais n’importe quelle ville pouvant être vue comme l’égale d’Ys. Dans ce cas Paris pourrait aussi désigner QuimperNantesRome, voire RennesBruxellesBerlin ou toute autre ville pouvant ou ayant pu être vue comme l’égale d’Ys.

Ys dans la littérature et les arts

Littérature

  • 1495 : Histoire de la Bretagne, Pierre Le Baud. La trace la plus ancienne de l’histoire. Ys est submergée pour les péchés de ses habitants. Il n’est pas question de Dahut.
  • 1839 : Le Barzaz Breiz, T. Hersart de la Villemarqué. Il y fait référence à l’anonyme de Ravenne (géographe qui cite Ker Is ou Chris).
  • 1845 : Le foyer breton, Emile Souvestre (Éditions Keltia).
  • 1864 : L’Armorique bretonne, celtique romaine et chrétienne, Eugène Halliguen.
  • 1883 : La légende de Ker Ys, Guy de Maupassant dans la revue « Le Gaulois ». Récit très court mais typique de la vision romantique de l’histoire.
  • 1886 : « Légendes de la mer » Paul Sébillot. Réédition en 1997 « Le Folklore de la mer » Ed. de l’ancre marine
  • 1893 : La légende de la mort, Anatole Le Braz. Recueil de récits autour de la ville engloutie.
  • 1923 : Le chapitre XI du recueil La Légende de la Mort5 d’Anatole Le Braz et Georges Dottent contient plusieurs histoires sur la ville d’Ys.
  • 1926 : La légende de la ville d’Ys d’après les textes anciens, Charles Guyot (Éditions d’Art Piazza); réédition: Coop Breiz. La première version importante.
  • 1936 : Le Petit Roi d’Ys de Georges G. Toudouze, auteur des Cinq jeunes filles, nous fait revivre la légende bretonne de la ville d’Ys, qui aurait disparu voici plusieurs siècles, engloutie par les flots. Ce récit parle d’un roi bon et généreux, Gradlon, et de la princesse qu’il épouse, Ahès. Celle-ci ouvre les écluses qui protégent la ville d’Ys de la fureur des flots. Ces derniers s’engouffrent dans l’ouverture, engloutissant la cité et tous ses habitants.
  • 1953 : La légende de la ville d’Ys, Louis Ogès (ancien président du centre d’archéologie bretonne). L’auteur montre bien la longue naissance de la légende par ajouts successifs des uns et des autres.
  • 1961 : Tempête sur la ville d’Ys, Henri Queffelec (Presses de la Cité). Une tentative de reconstitution romancée de la fin d’Ys, basée sur la légende mais aussi sur des bases scientifiques, géographiques et historiques.
  • 1978–81 : Bran RuzClaude Auclair et Alain Deschamps (Casterman). Ce roman de bande dessinée s’inspire de la légende d’Ys qui y est présentée au public lors d’un fest-noz. L’histoire a été prépubliée dans la revue (A SUIVRE) puis publiée en album.
  • 1985 : Ys, dans la rumeur des vagues, Michel Lebris (Éditions Artus). Ys est l’histoire de nos tumultes intérieurs. Le désir et la nécessité de plonger dans les mythes pour féconder notre façon de penser le monde.
  • 1988 : La ville plus basse que la mer, Françoise Gange (Flammarion). La « conquète » spirituelle et la destruction d’Ys par Guénolé. Une vision de l’histoire pénétrante et forte. À travers Guénolé, F. Gange montre comment l’église entretient la haine du corps vivant par opposition aux anciens cultes (celtiques et grecs) qui le magnifient.
  • 1995 : La grande déesse du Nord, Régis Boyer (Berg International Éditeurs). Une étude passionnante sur les différentes images et avatars de la déesse-mère des mythologies nordiques.
  • 2000 : La légende de la ville d’Ys, Françoise Leroux & Christian-Joseph Guyonvarc’h (Éditions Ouest France). Étude mythologique assez dense. Les auteurs remettent en perspective les pièces du mythe en les rattachant aux mythes irlandais et gallois.
  • 2000 : Lionel Courtot livre dans Ys, adaptation théâtrale de la légende de la ville, aux Éditions Alain Bargain, un portrait fort et émouvant des différents protagonistes de la légende d’Ys.
  • 2000–2007 : Martial Caroff, auteur des Quatre Saisons d’Ys (rebaptisé les Cinq Saisons d’Ys lors du cinquième tome), fait bourlinguer ses personnages dans la cité d’Ys autour d’enquêtes passionnantes.
  • 2001–2003 : Le pays d’Ys est également un des mondes dans lesquels les héros du Livre des Étoiles d’Erik L’Homme évoluent.
  • 2006 : Dans Les BienveillantesJonathan Littell évoque la légende de Vineta, cité située sur la côte de la Baltique dans l’actuelle Pologne, et la compare à Ys.
  • 2006 : Dahud-Ahès, Colette Trublet, 2006 (Éditions Bécherel Cité du Livre). Étude psychanalytique du mythe de la ville d’Ys. L’histoire de la ville d’Ys raconte la guerre que le catholicisme livre aux anciens cultes mais surtout l’histoire de la volonté de l’homme de dominer la femme.
  • 2008 : Contes et légendes du Finistère, Loïc Pujol.
  • 2008 : Dans La Dérive des incontinentsGordon Zola évoque la persistance de la famille régnante d’Ys.
  • 2011 : Dans Folie d’Ys (collection Polars&Grimoires – « Enquête sur la Légende », Éditions Terre de Brume) Michel Brosseau souligne, au détour d’une intrigue policière, la construction de la légende d’Ys par les chrétiens et l’Église catholique, aux fins d’édification des masses.

Musique

Chanson

Une gwerz intitulée Kêr Ys a été interprétée par plusieurs chanteurs bretons, dont Yann-Fañch Kemener sur l’Héritage des Celtes. Elle a été reprise en version punk rock par Tri Bleiz Die, sous le titre de Ar Gêr a Is, dans leur album Dalc’homp Mat!Tri Yann a créé sa propre chanson sur la ville d’Ys nommé « Loc’hentez Kêr Is », elle est dans l’album « Abysses » (2007).

Jeu vidéo

La légende d’Ys a inspiré une série de jeux vidéo du même nom de la société japonaise Falcom. Cette série, entamée dans les années 1980, s’est vue déclinée sur bon nombre de plateformes du MSX à laPlayStation 2.

Notes et références

  1.  Une particularité que la légende associe au fait que le cheval galopait tellement vite que ses sabots n’avaient pas le temps de s’enfoncer dans l’eau
  2.  À égalité avec la ville où Gradlon a rencontré Malgven. Une autre ville qui, elle, se trouvait à l’extrémité nord du monde connu, quelque part sur les rivages de l’Océan Arctique. Son nom est aujourd’hui perdu. Pour sa part, Ys se trouvait à l’extrémité ouest du monde connu de l’époque.
  3.  Douarnenez [archive]. Consulté le 4 mars 2010
  4.  On ignore ce qu’ouvrait la clé de Childebert Ier mais il est fort peu probable qu’elle fût aussi importante que celle de Gradlon car cette dernière incarnait, plus même que le titre de roi, l’autorité sur la ville d’Ys.
  5.  http://www.archive.org/details/lalgendedelamo01lebruoft  

Voir aussi

Liens externes

Publié 4 février 2012 par Era dans Mystères Marins et Légendes

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L’ile aux Ovnis – Vidéo – Extrait Thalassa

Description :

Un reportage de Véronique Veber et Jérôme Teigné.
Une production France3 Thalassa.

C’est une île au large du Brésil où de curieuses observations ont été faites. Des témoignages troublants et même des clichés photographiques font l’objet depuis des décennies, d’expertises de toutes sortes. L’île de Trindade est-elle ou a-t-elle été un repaire pour les ovnis?
En tous cas, l’ile perdue dans l’Atlantique est depuis sortie de son anonymat en devenant un centre d’intérêt pour tous les amateurs de mystères mais aussi pour les scientifiques qui trouvent dans ce paradis naturel intouché  de quoi alimenter leurs recherches.
Thalassa a enquêté sur place pour découvrir ce qui s’est vraiment passé à Trindade.

Adresse de la vidéo : http://ma-tvideo.france3.fr/video/d76bda4adcds.html

Voir aussi toute l’histoire et les photos ici :

http://www.forum-ovni-ufologie.com/t681-1958-l-observation-de-l-ile-de-la-trinite

Publié 4 février 2012 par Era dans Mystères Marins et Légendes

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Dossiers Etranges – Les Guetteurs des Bermudes

Gilles Thomas, partenaire de nos sites a aussi sa rubrique OANIS/ODHTV sur Dailymotion :

http://www.dailymotion.com/Odh_Tv#videoId=xo3gbr

La Mary Celeste

Article source: http://www.sciencepresse.qc.ca/dossiers/maryceleste.html

par Claude Marcil

En ce début d’après-midi du 4 décembre 1872, la goélette « Dei Gratia » navigue au milieu de l’Atlantique près de l’archipel des Açores; elle poursuit paisiblement sa route vers Gibraltar. Sur cette route fréquentée par les transatlantiques, le capitaine, David Morehouse, n’est pas surpris lorsque la vigie signale une voile à l’horizon. Quelques minutes plus tard, la vigie précise: c’est une autre goélette. Bizarrement, sa voilure ne correspond pas au vent modéré qui souffle sur l’océan; de plus, elle navigue à grandes embardées comme si personne ne tenait le gouvernail. Morehouse ordonne de s’en approcher.

De plus près, on ne voit personne sur le pont. La plupart des voiles sont descendues, et celles qui restent sont, ou déchirées, ou montées dans le sens contraire au vent. A sa grande surprise, Morehouse réalise qu’il s’agit de la « Mary Celeste », une solide goélette de plus de 100 pieds de long et de 25 pieds de large, appareillée de New York quelques jours avant le « Dei Gratia », avec à son bord une cargaison de 1700 barils d’alcool brut qu’elle devait livrer à Gênes. Son capitaine, Benjamin Briggs, un marin de la vieille école reconnu comme un homme profondément religieux, est un ami de longue date.

Personne à bord

Morehouse saisit son portevoix et tente d’interpeller la « Mary Celeste ». Silence. De plus en plus inquiet, il envoie en reconnaissance son second, Olivier Deveau, et deux marins. Une fois à bord, Deveau sonde aussitôt la cale, dont deux panneaux sont enlevés. Il y a environ un mètre d’eau au fond, mais les pompes sont en bon état, bien qu’une d’entre elles gise, démontée, sur le pont; le bateau n’est donc pas en danger de couler. La cargaison est solidement arimée, et il ne manque qu’un bouchon à l’un des barils d’alcool.

Sur le pont, l’habitacle qui abrite la roue du gouvernail est défoncé et le compas démoli, sans doute par une vague de la tempête des derniers jours. Le garde-fou est enlevé d’un côté du pont, comme si on avait mis à l’eau une chaloupe de sauvetage. Il n’y a d’ailleurs pas d’embarcation de secours sur le pont. Et toujours personne…

A l’intérieur, dans la cabine du capitaine, Deveau voit que les six hublots de droite ont été obstrués avec des planches, mais il ne peut dire si cela a été fait avant ou pendant le voyage. Ceux de gauche sont fermés, mais laissent encore entrer un peu de lumière. Beaucoup d’eau a pénétré dans la cabine par la porte ouverte et par la claire-voie, restée ouverte également.

La pendule est très abîmée par l’eau; la literie et les vêtements sont trempés, sans doute par l’eau de mer. Deveau témoignera par la suite:

« Le lit était défait, comme si l’on venait de le quitter… J’estimai qu’il devait y avoir une femme à bord, car je vis des vêtements féminins… Le lit avait conservé la marque d’un corps, d’un enfant semblait-il. Tout paraissait avoir été abandonné en grande hâte, mais tout était resté en place. On voyait des vêtements, une boîte à ouvrage avec des aiguilles, du fil, des boutons, des livres, une trousse d’instruments, un écritoire. Un harmonium ou mélodium se trouvait dans la chambre. »

A cette époque, il est courant que la femme du commandant l’accompagne pendant un voyage, et c’est ce qu’avait fait Sarah Briggs; le couple avait emmené leur fille Sophie-Mathilde, âgée de deux ans, mais laissé à la garde de ses grands-parents, à Marion dans le Massachusetts, leur fils de sept ans, Arthur, qui allait à l’école.

Bien que les fiches à roulis, qui servent à empêcher la vaisselle de glisser sur la table, soient en place, aucun repas n’est servi dans la cabine et rien ne cuit dans la cuisine. Les marmites et les casseroles ont été lavées et rangées; on trouve un flacon de médicament débouché, ce qui laisse supposer que la personne qui l’avait ouvert n’a pas eu le temps de le refermer. De tous ces indices on conclut que le navire a été abandonné dans le milieu de la matinée, assez tard pour que tout soit remis en ordre après le petit déjeuner, et avant que Mrs Briggs ait refait le lit. Cette supposition est en partie fondée sur le fait qu’aucune femme de la Nouvelle-Angleterre ayant les antécédents de Sarah Briggs n’aurait laissé des lits défaits, même en mer, à une heure avancée de la matinée.

Il est entré moins d’eau dans le poste d’équipage que dans la chambre du capitaine. Les coffres des marins sont secs, et l’on ne voit pas de trace de rouille sur les rasoirs. De toute évidence, les hommes d’équipage sont partis précipitamment, abandonnant le contenu de leurs coffres, mais aussi leurs bottes de toile cirée, et même leurs pipes. Qu’est-ce qui a provoqué une telle panique?

Dans la cabine du second Deveau trouve le journal de bord. Il s’arrête le 24 novembre. La position indiquée était à 100 milles au sud-ouest de l’île de Sao Miguel des Açores. Dans la chambre du commandant, sur l’ardoise de bord, on trouve une indication plus récente, montrant que le lendemain 25 novembre à huit heures du matin le navire est passé près de l’île de Santa Maria. Depuis lors, onze jours se sont écoulés; la « Mary Celeste » a encore parcouru 500 milles, restant apparemment sur sa route initiale.

La date de la dernière inscription sur l’ardoise, le 25 novembre, n’est pas obligatoirement celle de l’abandon du navire. Sur les petits bâtiments, il est rare que le journal soit tenu chaque jour. Par exemple, pendant les 18 jours de mer depuis son départ, le commandant n’a porté que sept inscriptions dans le journal de bord. Il n’est pas possible de dire exactement quand le capitaine Briggs a embarqué sa femme, sa fille et les sept membres d’équipage sur l’embarcation de secours, s’il l’a fait. Et rien ne dit pourquoi ils ont abandonné avec une hâte évidente un navire solide et en état de naviguer.

De plus, il reste à bord des vivres et de l’eau douce pour six mois. Mais on ne retrouve pas le sextant, le chronomètre et les livres de navigation du capitaine. Il n’y a aucun indice de violence, de bataille ou de mutinerie; ses occupants semblent s’être simplement volatilisés.

Deveau et ses hommes retournent sur le « Dei Gratia ». Le capitaine Morehouse décide de ramener la goélette afin de toucher la prime de sauvetage. La cargaison, à elle seule vaut, après tout, environ 42 000$ et le bateau est assuré pour 17 400$.

Sur les ordres de son capitaine, Deveau conduit donc la « Mary Celeste » vers Gibraltar, suivi du « Dei Gratia ». Pendant tout le voyage, il ne décèle aucune avarie et il est même surpris de pouvoir manoeuvrer la « Mary Celeste » avec autant de facilité.

Les deux navires font route vers le détroit de Gibraltar, restant en vue l’un de l’autre. Arrivés devant le détroit, un coup de vent les sépare. Le « Dei Gratia » arrive à Gibraltar le soir du 12 décembre et la « Mary Celeste » le lendemain matin. C’est alors, de façon inattendue, que les ennuis commencent.

Le procès d’une disparition

Morehouse estime avoir droit, comme sauveteur, à une somme équivalant à la moitié du montant des assurances et à la demi-valeur de la cargaison. Malheureusement pour lui, le procureur Flood est chargé de l’affaire. Cumulant des titres ronflants, avocat général de Sa Majesté, procureur de la Reine auprès de l’Amirauté et procureur général de Gilbraltar, Flood, né à Londres, a 71 ans. Gonflé de son importance, il détruit d’entrée de jeu tout espoir de voir très vite lever l’embargo sur la « Mary Celeste ».

Après un délai de cinq jours, la Cour de la Vice-Amirauté se réunit. Entendu le premier, Deveau conclut sa déposition en déclarant qu’il pense que l’équipage, voyant la cale inondée pendant une tempête, a pris peur et abandonné le navire. Bien à tort, selon lui, la « Mary Celeste » n’ayant embarqué qu’une faible quantité d’eau, uniquement par des panneaux ouverts et par la porte de la cabine. Deveau termine en précisant qu’il n’a découvert à bord aucun dommage causé par le feu et aucune trace de fumée.

Malgré de légères divergences, les autres témoignages concordent dans l’ensemble, offrant le tableau extraordinaire d’un bâtiment bien commandé, bien servi et bien approvisionné, abandonné en plein océan sans raison apparente. Cela suffit pour éveiller les soupçons de Flood. Sur ses instructions, un examen du navire a lieu en sa présence le 23 décembre. Y participent Ricardo Fortunato, un plongeur, Vecchio, l’huissier de la Cour, et John Austin, contrôleur principal de la navigation. L’inspection dure cinq heures et est consciencieuse à l’extrême.

Cinquante fûts d’alcool sont montés sur le pont. Tous sont en excellent état. Austin, cependant, se refuse à croire que la « Mary Celeste » ait eu à lutter contre la tempête, comme le prétend Deveau. Cela pour plusieurs raisons: une fiole d’huile pour machine à coudre était restée debout sur le rayon d’une étagère, à côté d’un dé et d’une bobine de fil; la couchette du maître d’équipage était sèche; sous celle du capitaine, il y avait, dans un tiroir, des morceaux de fer et deux vitres demeurées intactes; enfin, les volets des fenêtres du rouf n’ont subi aucun dommage. Austin oublie que Deveau avait fait sécher la literie et qu’il pouvait fort bien avoir posé les objets sur le rayon, après les avoir ramassés. Quant aux vitres, couchées à plat, elles ne sont pas les premières à survivre à une tempête.

Austin note encore dans son rapport que le fourneau de la cuisine a été déplacé par le flot et qu’existe sur le pont, à proximité du foyer, un trou d’écoulement. Vraisemblablement pratiqué par un chef exaspéré de patauger dans l’eau de mer, ce trou explique que la cuisine n’ait pas été inondée comme le reste du rouf. Comme Deveau, John Austin écarte l’hypothèse d’un incendie, faute du moindre commencement de preuve.

Flood n’est pas encore revenu à terre que le « Dei Gratia » sort du port. Soucieux de livrer au plus tôt sa cargaison, Morehouse envoie le navire à Gênes, avec Deveau. Il reste, lui, à Gibraltar, pour faire valoir ses droits. Tout de suite Flood, qui semble avoir monté quelque machination très officielle, l’accuse d’entraver le déroulement de l’enquête. L’inspection de la « Mary Celeste » ne lui ayant pas donné satisfaction, il en ordonne une deuxième, qui a lieu le 7 janvier 1873, à laquelle il assiste comme à la première. Y participent cette fois quatre officiers de marine: Fitzroy, du « Minotaur », Adeane, du « l’Agincourt », Dowell, de l' »Hercules », et Vansittart, du « Sultan », tous quatre capitaines de vaisseau, et le colonel Gaffam, du Royal Engineers.

L’ardoise du bord avait déjà été saisie, mais Flood attire l’attention des officiers sur le morceau de musique, posé sur l’harmonium, et sur d’autres objets qui, eux non plus, n’avaient pas bougé, alors qu’on les aurait trouvé dispersés si la « Mary Celeste » avait rencontré une tempête: deux chapeaux de femme, une chemise de nuit, une poupée, un éventail, deux broches de châle, un jupon et, sur l’étagère, la fiole d’huile pour la machine, le dé à coudre et la bobine de fil de coton. On descend ensuite dans la cale, où Flood note qu’un fût a été mis en perce. Ni Deveau ni Austin n’avait retenu cette observation, pour eux totalement dénuée de signification. Qu’était-ce qu’un fût sur une cargaison de dix-sept cents?

Flood fait encore remarquer dans la lisse de pavois tribord une entaille, qui lui paraît résulter d’un coup de hache, et sur le pont, à faible distance, ce qu’il croit être des taches de sang. Pour finir, il signale des éraflures sur la coque, au-dessus de la ligne de flottaison. Elles lui semblent suspectes.

Une semaine plus tard, le 15 janvier, arrive à Gibraltar le capitaine Winchester, de Winchester and Co, copropriétaire de la « Mary Celeste » et administrateur de la société. Nanti des pouvoirs nécessaires, il vient défendre à la fois les intérêts des propriétaires et ceux des assureurs. Il ne doute pas de l’identité du bâtiment, bien que la Cour ne l’appelle jamais autrement que « le navire supposé être la Mary Celeste ». Invité à témoigner, il déclare que la cargaison consistait en mille sept cent un fûts d’alcool, un de plus qu’on pensait, au-dessus de trente tonnes de pierres de ballast. Il n’y avait pas d’autre cargaison et le chargement, qui devait durer trois jours, avait eu lieu à New York, sur un quai de l’East River, à proximité de son bureau, ce qui lui avait permis de rendre visite quotidiennement à la « Mary Celeste ». Devant le mépris que Flood, un Britannique, manifeste pour les Américains en général et pour son équipage en particulier, Winchester s’écrie: « Je suis un Yankee avec du sang anglais, mais si je savais où est ce sang, je m’ouvrirais une veine pour faire sortir cette saloperie! »

En clair, Flood est persuadé que les deux capitaines sont de connivence pour toucher la prime (ils avaient soupé ensemble un soir à New York, alors que leurs bateaux étaient amarrés au même quai lors du chargement) ou qu’il y a eu sur la « Mary Celeste » une mutinerie sanglante. Pour prouver cette hypothèse, il fait analyser des taches brunes suspectes sur le pont, mais il cache à tous les résultats de cette analyse.

Enfin, après quatre-vingt-sept jours de séquestre, la « Mary Celeste » obtient l’autorisation d’appareiller pour Gênes, où elle arrive le 21 mars et commence à décharger sa cargaison. Le 15 mars, la Cour de la Vice-Amirauté, bien à contrecoeur, reconnaît que le patron et l’équipage du « Dei Gratia » ont sauvé la « Mary Celeste », ne leur accordant toutefois en prime qu’un cinquième de la valeur du navire et de sa cargaison, les dépens étant mis à la charge des propriétaires. Après avoir rappelé avec une certaine hargne que la conduite de Deveau, « disparu » alors qu’il devait témoigner, lui paraît inadmissible, le président de la Cour exige que les frais d’analyse et d’expertise occasionnés par les taches relevées sur le pont sont payés par les sauveteurs. Pour la première fois depuis sa création, la Cour de la Vice-Amirauté se déclare impuissante à expliquer un mystère maritime.

Une énigme

On ne sut jamais ce qui était arrivé au capitaine de la « Mary Celeste », à sa famille et à son équipage. Aucun marin ne réapparut dans aucun port du monde pour se réclamer de ce bateau; les seuls qui le firent étaient des piliers de taverne dont le seul but était de se rendre intéressants… et de se faire payer un verre.

Le bateau lui-même acquit la réputation de porter malchance. Winchester le revend à son retour à New York. En 1884, il est acheté par un capitaine peu scrupuleux nommé Parker, qui l’échoue volontairement sur un récif des Antilles pour toucher l’assurance. La commission d’enquête qui suit l’acquitte pour des raisons techniques, mais il meurt huit mois plus tard. Dans l’intervalle, un de ses complices était devenu fou et l’autre s’était suicidé.

L’histoire tombe dans l’oubli pendant une douzaine d’années, jusqu’à ce qu’un journaliste de Boston, William Klein, publie un récit romancé de l’odyssée de la « Mary Celeste », contenant un essai d’explication. Ce fut comme un signal et on compte maintenant une quinzaine d’hypothèses. Il y a à l’Atlantic Mutual Insurance Company de New York une salle remplie de livres portant sur cette énigme, qui constitue un véritable musée de la « Mary Celeste ».

On a expliqué de toutes les façons imaginables, la disparition du Mary Celeste. Parmi les hypothèses farfelues, on compte: l’enlèvement par des extra-terrestres, l’attaque du bateau par une pieuvre géante et une subite extension géographique du Triangle des Bermudes; selon le « British Journal of Astrology », l’équipage aurait pu être « dématérialisé » pour s’être trouvé au-dessus de la capitale de l’Atlantide, engloutie sous la mer, à un « moment psychologique essentiel ». La « Mary Celeste » aurait eu des relations avec la Grande Pyramide de Giseh, autre lieu astrologiquement signifiant…

On évoque plus prosaïquement les cataclysmes naturels: maladie contagieuse qui tue tout l’équipage (mais on n’a pas retrouvé les corps), cyclone ou éruption volcanique sous-marine qui aurait conduit les marins à s’embarquer sur un canot de sauvetage (mais qui n’a pas détruit la goélette). On peut ranger dans les cataclysmes naturels les pirates qui écument encore les mers à cette époque; ils auraient tué la femme du capitaine et sa fille et enlevé l’équipage pour remplacer leurs propres matelots morts de maladie contagieuse (mais il n’y avait aucune trace de lutte sur la « Mary Celeste »). Certains auteurs ont aussi évoqué la possibilité que la goélette ait heurté une épave ou une « île flottante » (sorte de banc de sable qui se déplace sans cesse) pendant une tempête et que l’eau accumulée dans la cale ait percé un trou dans la coque, ce qui aurait entraîné l’évacuation précipitée du bateau.

La plus romanesque des hypothèses est sans doute une de celles publiée par le « Strand Magazine » qui la présente comme la confession d’un survivant de la « Mary Celeste ». Selon cet homme, le capitaine et son second se seraient livrés à une compétition de natation autour du bateau; Mrs Briggs, sa fille et l’équipage auraient pris place sur une plate-forme construite au-dessus de l’eau pour suivre la course; la plate-forme aurait cédé et tout le monde se serait retrouvé à l’eau. Malheureusement, le nom du vieux marin ne figurait pas sur la liste des engagés de la « Mary Celeste ».

Le « Strand Magazine » avait demandé à des auteurs connus d’imaginer la fin de la « Mary Celeste ». Conan Doyle, l’auteur de Sherlock Holmes, imagina un marin noir qui tue le capitaine, sa famille et l’équipage par haine des Blancs. Le survivant qui raconte l’histoire a été protégé par une amulette africaine. Un certain Keating élabore sa version à partir des confidences du supposé cuisinier de la « Mary Celeste », John Pemberton, qui ne figure même pas sur la liste officielle de l’équipage. Selon cette version, le capitaine Morehouse, du « Dei Gratia », aurait prêté trois hommes d’équipage au capitaine Briggs, qui avait des difficultés de recrutement, pour faire la traversée de l’Atlantique; les deux bateaux devaient se rencontrer aux Açores. Le second du capitaine Briggs aurait pris en aversion la femme de celui-ci et son harmonium. Pendant une tempête, ce dernier se détache et écrase à mort sa propriétaire. Fou de douleur, le capitaine Briggs doit être maîtrisé. L’équipage en profite pour se lancer dans une beuverie qui dégénère en bagarre générale. Le capitaine se suicide en sautant à l’eau. Peu soucieux de rendre des comptes au capitaine du « Dei Gratia », les matelots survivants abandonnent le bateau au large des Açores et gagnent la terre ferme dans les barques des indigènes venus leur proposer du ravitaillement.

Cette hypothèse ne tient pas compte de deux faits: la liste de l’équipage, qui a été rendue publique lors de l’enquête, démontre que les matelots engagés étaient tous des marins expérimentés, au-dessus de tout soupçon. Deuxièmement, il n’y avait pas d’alcool buvable sur le bateau du capitaine Briggs, protestant rigoureux et abstinent. Celui de la cargaison était de nature à rendre aveugle et fou quiconque le consommait.

Elle est cependant assez proche des soupçons émis par Flood, qui penchait pour la mutinerie ou la complicité entre les deux capitaines. Flood avait élaboré plusieurs scénarios, du plus simple au plus complexe. Version numéro un: l’équipage s’est révolté, après avoir bu l’alcool de la cale. Il a tué le capitaine et sa famille et a abandonné le bateau pour une chaloupe de sauvetage qui a coulé dans la tempête. Objections: il n’y avait pas d’alcool comestible à bord et on n’y a trouvé aucune trace de violence.

Version numéro deux: les deux capitaines se sont mis d’accord à New York pour toucher la prime de sauvetage. Leurs deux bateaux se sont rencontrés aux Açores, le capitaine et l’équipage de la « Mary Celeste » ont touché terre en sécurité et attendu que la prime soit versée pour la partager avec le capitaine Morehouse et l’équipage du « Dei Gratia ». Objection: le capitaine Briggs était en partie propriétaire de la « Mary Celeste » et cette partie valait plus que la fraction de la prime qui lui serait revenue… Version numéro trois: le capitaine Morehouse avait prêté trois matelots au capitaine Briggs, qui devait les lui rendre aux Açores; mais ces marins avaient pour mission d’exterminer le reste de l’équipage et ses chefs, et de livrer le bateau à Morehouse pour la prime de sauvetage, ce qui fut fait. Objections: les capitaines Morehouse et Briggs étaient collègues et s’estimaient; la « Mary Celeste » ne ressemblait pas à un bateau sur lequel on a plus ou moins égorgé sept personnes…

Solutions?

Le premier homme à poser le pied sur le navire en perdition, le second Daveau, a toujours été convaincu que le bateau a été abandonné parce qu’on croyait qu’il prenait l’eau; il y avait un mètre d’eau dans la cale… Si la « Mary Celeste » avait essuyé une tempête avant le 25 novembre, ce jour-là a été calme, d’après la météo des Açores, et ce n’est que quelques jours plus tard que la mer et le vent ont forci, permettant au bateau déserté de poursuivre sa route. Les hublots condamnés démontrent que le bateau était paré à lutter contre la première tempête, et que l’eau embarquée venait des vagues essuyées alors qu’il voguait à la dérive. De toute façon, Briggs n’était pas homme à s’énerver pour un peu d’eau dans la cale, surtout avec deux pompes en état de marche…

Une autre hypothèse se rapporte à l’alimentation des marins de l’époque. L’humidité développe parfois dans les grains de certaines céréales un champignon parasite qui, lorsque la farine de ces grains est consommée, provoque des hallucinations comparables à celle du LSD. Il est possible que la farine embarquée sur la « Mary Celeste » ait été avariée de la sorte. Ses occupants se seraient alors retrouvés en plein « bad trip » et, pour échapper à des visions dont ils ne comprenaient pas la source, auraient plongé en bas du navire. On peut cependant se demander pourquoi cette intoxication alimentaire n’a pas eu lieu avant le 25 novembre…

Ceci nous ramène à l’hypothèse la plus scientifique. Elle fut émise pour la première fois par Winchester, un des propriétaires de la « Mary Celeste », et reprise par bien d’autres auteurs; elle concerne la nature même de la cargaison. L’alcool commercial avait été embarqué à New York en novembre (mois froid) dans des tonneaux cerclés d’acier bien arrimés dans la cale. Sous l’effet de la chaleur (nous sommes maintenant aux Açores), l’alcool liquide se transforme en gaz qui s’échappe des fûts. A cause de la tempête, la cale est hermétiquement fermée, donc non ventilée, et le gaz s’y concentre.

Il est possible que, dans le remue-ménage de la tempête, les cercles de métal des tonneaux frottent les uns contre les autres, provoquant des étincelles. A leur contact, le gaz s’enflamme, provoquant des détonations qui font penser que le bateau va exploser. Au premier jour de beau temps, on ouvre la cale et une épaisse vapeur s’en échappe, qui ressemble à de la fumée (alors que le gaz brûle dans l’air sans endommager les parois du bateau). Pris de panique, l’équipage et son chef montent dans le canot de sauvetage pour attendre la fin des hostilités. Un brusque coup de vent (confirmée par la météo) éloigne les deux embarcations, dont la plus petite coulera dans la tempête.

On connaissait mal à l’époque le comportement des produits volatils, comme le pétrole et l’alcool (le premier forage pétrolier datait de 1859). Le capitaine Briggs n’était certes pas homme à abandonner son bateau, mais la présence de sa femme et de sa fille l’incitait peut-être à de plus grandes précautions puisqu’il avait pris, à tout hasard, ses instruments de navigation. Une variante de cette hypothèse veut que, le capitaine étant malade ou décédé d’une crise cardiaque, la personne qui assumait le commandement n’avait peut-être pas son sang-froid…

En l’absence de tout survivant, la « Mary Celeste » continuera longtemps de faire travailler l’imagination des chercheurs et, à New-York, le musée de la « Mary Celeste », continuera de s’enrichir.

Publié 28 janvier 2012 par Sylv1 dans Mystères Marins et Légendes

Nan Madol : Légende d’une cité sous-marine

Avec cette vidéo, nous mettons le cap sur la Nouvelle Guinée pour un autre Mystère aquatique, mythe ou réalité ?

Article source : http://www.mystere-tv.com/nan-madol-legende-d-une-cite-sous-marine-v1851.html

 

Ce que pourraient être les O.A.N.I.S

Sur cette vidéo de YOUTUBE, une animation pour nous donner une idée de ce que pourraient être les objets volants non-identifiés,en milieu maritime.

Si la vidéo ne fonctionne pas cliquez sur le lien ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=tejcPfVVnXY&feature=player_embedded#!

Publié 25 janvier 2012 par Era dans Mystères Marins et Légendes

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Disparitions Mystérieuses

Chaque année, la presse rapporte un certain nombre de disparitions à priori inexplicables. Après enquête, il s’avère cependant que la plupart de ces disparitions s’explique par des crimes ou par des disparitions volontaires, mais au delà de ce constat, il y a les autres disparitions, celles qui échappent à toute logique, à toute explication rationnelle…

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Publié 25 janvier 2012 par Era dans Mystères Marins et Légendes

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Le Mystère de l’Atlantide


Publié 25 janvier 2012 par Era dans Mystères Marins et Légendes